Ukraine : à Kostiantynivka, les civils fuient sous les bombes russes

Alors que les forces russes poursuivent leur avancée dans l’est de l’Ukraine, la situation humanitaire se dégrade rapidement dans la région de Donetsk. Samedi 13 septembre, Moscou a revendiqué la prise de deux villages supplémentaires, marquant une progression vers Kostiantynivka, un verrou stratégique sur la route de Kramatorsk, capitale administrative du Donbass encore sous contrôle ukrainien.

Sous des bombardements devenus quotidiens, la ville de Kostiantynivka est de plus en plus désertée. Au moins trois personnes y ont récemment perdu la vie. Face à la menace constante, de nombreux habitants fuient vers l’ouest du pays, notamment en passant par le centre d’enregistrement pour déplacés de Lozova, dans la région voisine de Kharkiv.

« Aucun mur ne nous sauvera »

À Lozova, Irina, déplacée du Donbass, montre sur son téléphone les ruines de sa maison, détruite par deux frappes à deux jours d’intervalle.

« Il n’y a plus de toit, ni cuisinière, ni frigo… il n’y a plus rien », souffle-t-elle.
Elle décrit un quotidien marqué par l’absence de secours : « Plus de pompiers, plus d’ambulances. Un soudeur du quartier tape sur une coupole en métal quand un incendie se déclare, et les voisins arrivent avec des seaux d’eau. »
Après des semaines d’hésitation, elle a pris la décision de partir avec sa famille :
« Il faut évacuer pour se mettre en sécurité, parce qu’aucun mur, aucune maison ne pourra nous sauver. »

« C’est terrifiant »

Comme Irina, Pavel, 33 ans, a fini par quitter sa ville. Encore employé il y a quelques semaines, il s’apprête désormais à rejoindre l’ouest du pays.

« C’est terrifiant d’être là-bas, avec tous ces drones – Shahed, FPV – qui volent en permanence. C’est dur de se dire qu’un matin, tout peut s’arrêter », confie-t-il depuis le centre d’accueil.

6 000 habitants encore présents malgré les évacuations

Face à la pression militaire croissante, les autorités ukrainiennes ont décrété l’évacuation obligatoire des femmes et des enfants dès août 2024 à Kostiantynivka. Malgré cela, environ 6 000 civils y résideraient encore, selon l’administration militaire régionale de Donetsk, citée par plusieurs médias ukrainiens.

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