Syrie : trois femmes et dix enfants rapatriés en France depuis des camps jihadistes
Le Parquet national antiterroriste (Pnat) a annoncé, ce mardi 16 septembre, le rapatriement en France de trois femmes françaises et de dix enfants depuis les camps de prisonniers jihadistes situés dans le nord-est de la Syrie.
Dans un communiqué, le Pnat a précisé que les trois femmes, âgées de 18 à 34 ans, faisaient partie des ressortissantes françaises retenues dans les camps sous contrôle kurde. Deux d’entre elles ont été placées en garde à vue sur commission rogatoire, tandis que la troisième, visée par un mandat d’arrêt, doit être présentée dans la journée à un juge d’instruction en vue d’une possible mise en examen.
Les dix enfants mineurs rapatriés ont été pris en charge dans le cadre de procédures d’assistance éducative, sous la responsabilité du parquet de Versailles. Le suivi de ces enfants sera coordonné par le Pnat, en lien avec les juridictions locales.
Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a remercié les autorités de transition syriennes ainsi que l’administration locale kurde du nord-est syrien pour leur rôle dans cette opération.
Une question toujours sensible en France
Ces rapatriements depuis la Syrie interviennent alors qu’environ 120 enfants et une cinquantaine de femmes françaises seraient encore retenus dans ces camps, selon le Collectif des Familles Unies, qui regroupe les proches des détenus. Le collectif a une nouvelle fois dénoncé sur les réseaux sociaux les « conditions indignes » dans lesquelles vivent ces enfants, qu’il considère comme innocents.
La gestion du retour des femmes et enfants de jihadistes reste un sujet particulièrement sensible en France, près de dix ans après les vagues d’attentats islamistes qui ont frappé le pays.
Après plusieurs opérations de rapatriement entre 2022 et 2023, Paris avait suspendu les retours durant plus d’un an, malgré les critiques d’ONG et une condamnation de la Cour européenne des droits de l’homme en 2022. Le gouvernement invoquait notamment des raisons de sécurité liées aux conditions d’intervention sur place.
En février dernier, l’administration kurde, en coordination avec l’ONU, avait annoncé son intention de vider les camps syriens d’ici fin 2025, y compris des proches présumés de combattants jihadistes.
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