Sébastien Lecornu renonce à la suppression de deux jours fériés et tend la main à la gauche

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé samedi, dans un entretien à la presse régionale, l’abandon de la suppression de deux jours fériés, une mesure phare du projet de budget 2026 porté par son prédécesseur François Bayrou. Cette décision marque une rupture symbolique et ouvre la voie à des négociations avec la gauche pour éviter une crise budgétaire.

Changement de cap et concessions
Le gouvernement renonce ainsi à une économie estimée à 4,2 milliards d’euros, mais compte compenser ce manque par d’« autres sources de financement » issues du « dialogue avec les partenaires sociaux ». Lecornu a également écarté toute réouverture des discussions sur les retraites, tout en lançant un appel au Parti socialiste, aux Écologistes et au Parti communiste pour « donner un budget au pays ».

Priorités sanitaires et décentralisation
Lors de son déplacement à Mâcon, le chef du gouvernement a aussi dévoillé son plan contre les déserts médicaux : la création d’un réseau de 5 000 maisons « France Santé » d’ici 2027. Il a par ailleurs annoncé l’ouverture de consultations pour un « grand acte de décentralisation », incluant une réflexion sur la fusion ou la fermeture d’agences gouvernementales.

Taxe Zucman et rapport de force
Si Lecornu se dit ouvert à discuter de « justice fiscale », il reste prudent sur la taxe Zucman, plébiscitée par la gauche mais redoutée par le patronat. Concernant le RN, il exclut tout « accord politique » mais accepte le dialogue à l’Assemblée. Enfin, il n’écarte pas le recours au 49.3 pour faire adopter le budget, tout en espérant l’éviter.

Cette série d’annonces dessine une stratégie de compromis, où le gouvernement mise sur l’apaisement social et le pragmatisme parlementaire pour sortir de l’impasse.

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