Équateur : Marco Rubio annonce un soutien renforcé des États-Unis contre le crime organisé

La visite éclair du secrétaire d’État américain Marco Rubio, jeudi 4 septembre à Quito, marque une nouvelle étape dans le rapprochement entre l’Équateur et l’administration Trump. En moins de 24 heures, les discussions ont permis de renforcer la coopération bilatérale sur des dossiers cruciaux : sécurité, migration et lutte contre le crime organisé.

20 millions de dollars pour renforcer la sécurité

Le gouvernement américain a annoncé une aide immédiate de près de 20 millions de dollars, dont 6 millions destinés à l’acquisition de drones. Objectif : soutenir l’Équateur dans son conflit armé interne contre les gangs, mafias et cartels de drogue qui déstabilisent le pays depuis le début de l’année 2024.

« Notre engagement est total. Nous allons aider ce gouvernement ami à combattre des menaces qui proviennent en grande partie de l’extérieur, notamment les cartels et les groupes liés à l’exploitation minière illégale », a déclaré Marco Rubio. Il a également annoncé que les groupes criminels des Lobos et des Choneros seraient désormais classés comme organisations terroristes par les États-Unis.

Le soutien affiché de Washington

Qualifiant les membres de ces groupes de « véritables animaux vicieux », Rubio a affirmé que l’administration Trump mène une lutte sans précédent contre le crime organisé en Amérique latine. Sur ses réseaux sociaux, le président équatorien Daniel Noboa a salué cette décision, qu’il voit comme un pas décisif vers une coopération militaire et logistique accrue.

Selon Rubio, le déploiement de troupes américaines en Équateur n’est pas exclu : « L’Équateur est un pays souverain. Si l’invitation est faite, nous l’étudierons. Une base américaine a déjà existé ici, avant d’être fermée sous le mandat de Rafael Correa. »

Washington souhaite également accélérer la saisie des biens des organisations criminelles opérant aux États-Unis et conclure rapidement les négociations commerciales en cours avec Quito.

Noboa, un nouvel allié régional pour Washington

À 37 ans, Daniel Noboa incarne pour les États-Unis un partenaire stratégique en Amérique latine. Depuis son élection surprise en 2023, il a consolidé son pouvoir en menant une politique sécuritaire offensive, déclarant l’état d’urgence dans plusieurs régions du pays et mobilisant l’armée contre les groupes criminels.

« Nous apprécions votre engagement et votre volonté de soutenir nos efforts pour éradiquer les menaces terroristes », a déclaré Noboa à l’attention de Marco Rubio. Selon lui, cette collaboration contribue aussi à renforcer la sécurité des États-Unis et à défendre leur mode de vie.

Contrer l’influence chinoise

En toile de fond de cette visite, un objectif stratégique plus large : limiter l’influence croissante de la Chine en Amérique latine. L’Équateur a contracté plusieurs milliards de dollars de dettes auprès de Pékin pour financer ses infrastructures. Washington entend désormais proposer une alternative plus alignée avec ses intérêts.

Le département d’État américain a par ailleurs confirmé que l’administration Trump envisageait l’Équateur comme nouvelle destination pour expulser des migrants illégaux, dans le cadre de sa politique migratoire stricte.

Marco Rubio, fervent opposant aux régimes de gauche latino-américains, voit en Daniel Noboa un dirigeant à suivre, à l’image du Salvadorien Nayib Bukele, dont la politique sécuritaire a suscité à la fois une popularité massive et des critiques de la part d’ONG de défense des droits humains.

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