Royaume-Uni : Jeremy Corbyn organise un « tribunal citoyen » sur la responsabilité britannique dans le conflit à Gaza
LONDRES – L’ancien leader du Parti travailliste Jeremy Corbyn a organisé jeudi et vendredi un « tribunal citoyen » à Londres pour examiner la responsabilité du gouvernement britannique dans le conflit à Gaza, accusant le Royaume-Uni de se rendre complice de « génocide » par son soutien politique et militaire à Israël.
Un tribunal symbolique face au silence officiel
En l’absence de toute enquête indépendante officielle – le gouvernement ayant rejeté cette demande en juillet – Corbyn, aujourd’hui député indépendant, a réuni des dizaines de témoins directs : journalistes gazaouis, chirurgiens, travailleurs humanitaires et experts juridiques internationaux. Parmi eux, Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens, qui a affirmé par vidéo : « Les États comme le Royaume-Uni devraient cesser toute relation économique avec Israël ».
Témoignages poignants et accusations précises
Le jeune journaliste gazaoui Abubaker Abed, 22 ans, a décrit l’enfer vécu par sa famille restée dans l’enclave : « Cela fait 22 mois que nous témoignons, mais rien ne change ». Le chirurgien Nick Maynard, de retour de sa troisième mission à Gaza, a accusé Londres de fournir des « pièces pour avions F-35 utilisés pour bombarder des civils que j’ai soignés ».
Un contexte politique tendu
Cette initiative s’inscrit dans la mobilisation croissante de la société civile britannique contre la position pro-israélienne du gouvernement conservateur. Les débats, retransmis en direct sur YouTube, visaient à contourner le silence médiatique et politique sur le rôle international du Royaume-Uni dans ce conflit.
Enjeux et limites
Bien que symbolique et sans portée juridique, ce tribunal citoyen représente une pression morale croissante sur l’exécutif britannique. Il intervient alors que le Labour de Keir Starmer maintient une position prudente sur le conflit, malgré les divisions internes héritées de l’ère Corbyn.
La question des livraisons d’armes britanniques à Israël – qui ont continué malgré les critiques – reste au cœur des débats sur la complicité présumée du Royaume-Uni dans les violations du droit international humanitaire à Gaza.
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