Enquête sur Fabrice Leggeri : l’ex‑patron de Frontex visé pour complicité de crimes contre l’humanité

La justice française va examiner le rôle de Fabrice Leggeri, eurodéputé RN, dans la mort de milliers de migrants en Méditerranée, a annoncé mardi 24 mars une source judiciaire. Cette procédure, demandée par la Ligue des droits de l’homme (LDH), constitue une première en France pour un ancien responsable de Frontex.

L’enquête porte sur des soupçons de complicité de crimes contre l’humanité et de torture. Selon la LDH, Leggeri aurait encouragé ses agents à faciliter les interceptions d’embarcations par les autorités libyennes et grecques, dans le cadre d’une politique visant à rendre les frontières européennes plus étanches, au prix de vies humaines.

Frontex, dirigée par Leggeri entre janvier 2015 et avril 2022, a été régulièrement critiquée par les ONG pour sa politique de refoulements illégaux de migrants. La plainte déposée par la LDH en 2024 a conduit, après deux ans de procédure, à l’ouverture d’investigations le 18 mars par la cour d’appel de Paris.

Depuis 2014, quelque 82 000 migrants sont morts ou portés disparus, principalement en Méditerranée (34 000), la route migratoire la plus meurtrière au monde, selon l’Organisation internationale pour les migrations. Les ONG et l’ONU dénoncent par ailleurs des violations graves des droits humains dans les centres de détention en Libye, notamment à travers la délégation des interventions aux garde-côtes libyens plutôt qu’aux autorités italiennes ou maltaises.

À ce stade, Fabrice Leggeri n’a pas fait de commentaire sur l’ouverture de l’enquête

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