À Brest, la lassitude autour du maire fragilise la gauche avant le second tour

Dans la deuxième ville de Bretagne, la majorité de gauche fait face à un sérieux risque de basculement. Arrivée en tête au premier tour, la droite espère capitaliser sur l’usure du maire socialiste sortant, François Cuillandre, en poste depuis plus de deux décennies.

Dimanche dernier, l’édile de 71 ans, candidat à un cinquième mandat malgré une promesse passée de retrait, n’a recueilli que 23,8 % des voix. Il a été devancé par le candidat de droite Stéphane Roudaut, qui a créé la surprise avec 30,2 % des suffrages. Un revers notable dans une ville dirigée par le Parti socialiste depuis 1989.

Sur le terrain, notamment dans les marchés de quartier, de nombreux électeurs expriment leur lassitude. Le sentiment d’un « mandat de trop » revient fréquemment, y compris chez des électeurs historiquement ancrés à gauche. Certains reprochent au maire son style jugé distant, d’autres pointent un manque de renouvellement après plusieurs décennies de pouvoir.

Face au risque de défaite, François Cuillandre a choisi de s’allier avec la liste de Cécile Beaudouin, issue de La France insoumise (LFI), arrivée troisième au premier tour avec 15,4 %. Cette « fusion technique » vise à rassembler les forces de gauche, mais suscite des réactions contrastées.

Du côté de la droite, Stéphane Roudaut dénonce une « alliance opportuniste », rappelant les tensions passées entre le maire sortant et LFI. Une critique qui trouve un écho chez certains électeurs modérés, peu convaincus par ce rapprochement.

Malgré ces réserves, une partie de l’électorat de gauche envisage de soutenir le maire sortant au second tour, davantage par rejet de la droite que par adhésion. D’autres, en revanche, refusent de voter pour lui, préférant s’abstenir ou se tourner vers d’autres options.

Au sein même de la majorité municipale, la question du renouvellement s’impose. Yohann Nédélec, un temps pressenti pour succéder à François Cuillandre, avait renoncé à se présenter. Sur le terrain, certains électeurs regrettent son absence, estimant qu’un nouveau visage aurait pu relancer la dynamique.

Dans ce contexte incertain, Stéphane Roudaut mise sur un report de voix au-delà de son camp, affirmant attirer des électeurs issus de la gauche sociale-démocrate. La présence du Rassemblement national au second tour, une première dans la ville, ajoute une inconnue supplémentaire à une équation déjà complexe.

À quelques jours du scrutin décisif, Brest apparaît plus que jamais comme un terrain disputé, où l’enjeu dépasse les clivages traditionnels et pose la question du renouvellement politique.

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