Nouveau report du plan de Bruxelles pour renforcer le “made in Europe”

La Commission européenne a de nouveau repoussé la présentation de son plan destiné à favoriser la production « made in Europe » dans l’automobile et d’autres secteurs industriels stratégiques. Initialement attendue cette semaine, la proposition sera finalement dévoilée le 4 mars, a annoncé lundi le cabinet du commissaire européen Stéphane Séjourné.

Il s’agit du troisième report depuis décembre. En cause : des discussions internes nourries et des divergences persistantes au sein même de la Commission européenne autour de cette mesure inédite visant à relancer la production industrielle sur le continent.

Une “préférence européenne” débattue

Au cœur du projet figure le principe d’une « préférence européenne ». Concrètement, certaines entreprises bénéficiant de financements publics pourraient être tenues de produire en Europe une partie de leurs composants ou équipements.

« Nous espérons que cette semaine supplémentaire de discussions internes permettra de rendre la proposition encore plus solide », a indiqué l’entourage de Stéphane Séjourné, vice-président de la Commission chargé de la Prospérité et de la stratégie industrielle.

L’initiative s’inscrit dans le sillage du rapport publié en 2024 par Mario Draghi, ancien président de la Banque centrale européenne, qui appelait l’Union à réagir face au décrochage industriel européen. Les industriels du continent sont confrontés à la concurrence chinoise et aux droits de douane américains, notamment dans les technologies vertes.

Automobile et technologies propres en ligne de mire

Le projet de loi, surnommé « Accélérateur industriel », ciblerait en priorité l’industrie automobile et les technologies dites « propres » : batteries pour véhicules électriques, panneaux solaires, éoliennes ou encore équipements stratégiques liés à la transition énergétique.

La France défend activement cette approche afin de soutenir sa filière de batteries électriques. Mais plusieurs États membres, attachés au libéralisme économique, expriment des réserves, craignant un virage protectionniste.

Les discussions portent notamment sur le périmètre exact du « made in Europe ». Selon une source européenne, le débat se concentre désormais sur la possibilité d’inclure dans ce label les productions réalisées dans des pays liés à l’Union par des accords de libre-échange.

Cette option est notamment soutenue par l’Allemagne, soucieuse de préserver les chaînes d’approvisionnement de ses industriels et d’éviter des tensions commerciales avec des partenaires stratégiques.

Craintes sur les coûts de production

Plusieurs États membres redoutent également une hausse des coûts pour les industriels européens, déjà fragilisés par la compétitivité-prix de leurs concurrents étrangers, en particulier chinois.

Pour répondre à ces inquiétudes, l’entourage de Stéphane Séjourné assure que la mesure sera « triplement ciblée » : elle concernera « une part limitée de composants critiques », « un nombre restreint de secteurs stratégiques » et s’appliquera « uniquement lorsque des financements publics sont engagés ».

Reste à savoir si ces ajustements permettront de lever les dernières réticences avant la présentation officielle du plan début mars.

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