Villepin dénonce la « diabolisation » de LFI et met en garde contre la normalisation de l’extrême droite

L’ancien Premier ministre Dominique de Villepin a critiqué ce qu’il décrit comme un « moment Charlie Kirk » en France, dénonçant la « diabolisation » de La France insoumise (LFI) et mettant en garde contre la montée de l’extrême droite.

Dans un long post publié sur X, Villepin affirme qu’il ne parle pas au nom d’un camp politique mais « d’une certaine idée de la République ». Selon lui, la comparaison avec l’affaire américaine de Charlie Kirk, militant d’extrême droite assassiné par un homme se revendiquant de l’antifascisme, illustre « un moment qui vise à la délégitimation d’une partie du spectre politique et à la victimisation de l’extrême droite triomphante ».

L’ancien chef du gouvernement appelle LFI à « récuser toute complaisance pour la violence » et critique la « radicalité » de sa rhétorique, qu’il juge susceptible de « faire le jeu du Rassemblement national (RN) ».

Pour Villepin, la « faute politique majeure » des partis de centre-gauche et de droite est de renvoyer « dos à dos toutes les radicalités comme si elles étaient de même nature », alors que, selon lui, « les groupuscules violents d’extrême droite sont beaucoup plus nombreux » et que le RN est donné favori pour la présidentielle de 2027.

Rejetant la notion de « symétrie des violences », l’ancien Premier ministre fait référence à l’histoire : « Les communistes des années 30 n’étaient pas des enfants de chœur, mais les renvoyer dos à dos avec les nervis fascistes nous semblerait fautif », écrit-il.

Villepin estime que la « diabolisation de LFI », parfois facilitée par ses propres excès rhétoriques, « n’a qu’un sens : légitimer une prise de pouvoir identitaire et justifier les ralliements de plus en plus nombreux » vers l’extrême droite. Selon lui, en concentrant les critiques sur LFI, « on crée un corridor de respectabilité pour le RN, le privilège d’être la réponse au désordre qu’il prospère à entretenir ».

Enfin, il met en garde contre la normalisation de l’extrême droite : « Les choses n’ont pas tant changé. Au lendemain d’une manifestation d’hommage à Quentin Deranque à Paris, les manifestants ont laissé sur les murs une traînée de croix gammées. Ne nous laissons pas égarer par des façades repeintes », conclut-il.

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