Euro numérique : la BCE presse l’Union européenne d’éviter tout retard législatif
La Banque centrale européenne (BCE) accentue la pression sur les institutions européennes pour accélérer l’adoption du cadre législatif de l’euro numérique. Tout retard exposerait l’Union européenne à une dépendance accrue envers les grandes entreprises technologiques non européennes, a averti vendredi Piero Cipollone, membre du directoire de la BCE.
Lors d’un discours prononcé à Chypre, le banquier central italien a rappelé les bénéfices attendus de l’euro numérique — version digitale de la monnaie en espèces — pour les citoyens, les commerçants et les prestataires de paiement. Il a jugé « de plus en plus urgente » l’adoption d’une législation européenne permettant de faire avancer le projet.
« Tout retard dans le processus législatif risquerait de casser l’élan de ces efforts publics et privés conjoints », a-t-il déclaré. Selon lui, une telle situation renforcerait la dépendance de l’Europe aux réseaux de cartes internationaux et accroîtrait son exposition aux solutions de paiement et aux stablecoins développés par les grandes entreprises technologiques non européennes.
La BCE étudie la possibilité de lancer un euro numérique depuis 2020. Sous réserve de l’adoption d’un cadre juridique par l’Union européenne cette année, l’institution prévoit de lancer une phase pilote du projet courant 2027.
Piero Cipollone a salué le « pas décisif » récemment franchi par les États membres, qui ont adopté une position commune sur le projet de règlement relatif à l’euro numérique. Le Parlement européen doit désormais se prononcer. « Il discute activement de la proposition et devrait adopter sa position en mai », a-t-il indiqué.
Une fois la législation adoptée, les standards techniques de l’euro numérique pourront être finalisés et mis à disposition du marché. Les commerçants pourront alors adapter leurs terminaux de paiement afin de les rendre compatibles, ouvrant la voie à de nouveaux services proposés par des prestataires européens.
En parallèle, certaines banques privées, encore réservées face au projet d’euro numérique, développent leurs propres solutions de paiement. C’est notamment le cas de Wero, porté par l’European Payments Initiative (EPI), qui ambitionne de créer une alternative européenne aux géants américains Mastercard, Visa et PayPal.
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