Le chancelier allemand Friedrich Merz en tournée dans le Golfe pour diversifier ses alliances

Le chancelier allemand Friedrich Merz a entamé mercredi une tournée diplomatique et économique dans le Golfe, se rendant successivement en Arabie saoudite, au Qatar et aux Émirats arabes unis. Accompagné d’une importante délégation d’industriels, il cherche à renforcer les partenariats stratégiques avec ces États riches en hydrocarbures, dans un contexte de rivalités commerciales et géopolitiques croissantes avec les États-Unis et la Chine.

« Nous avons plus que jamais besoin de tels partenariats à une époque où les grandes puissances déterminent de plus en plus la politique », a déclaré M. Merz avant son départ, visant sans les nommer Washington et Pékin.

Enjeux énergétiques : sécuriser l’approvisionnement en GNL
L’Allemagne, première économie européenne et premier partenaire commercial de la région au sein de l’UE, souhaite avant tout diversifier son approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL). Après avoir dû rompre sa dépendance au gaz russe en 2022, Berlin veut éviter de reproduire une vulnérabilité énergétique, notamment vis-à-vis des États-Unis.

Les discussions porteront notamment sur des contrats de long terme, un point qui avait auparavant freiné les négociations avec le Qatar. Berlin pourrait désormais se montrer plus flexible sur la durée des engagements, malgré la loi allemande prévoyant l’abandon des énergies fossiles d’ici 2045.

Des opportunités économiques multiples
Outre l’énergie, l’Allemagne espère ouvrir de nouveaux débouchés pour ses industries automobile et chimique, et assouplir sa politique d’exportation d’armes pour la rendre « plus prévisible ». Le Qatar est déjà un actionnaire influent de grands groupes allemands comme Volkswagen, RWE et la Deutsche Bank.

Des sujets sensibles abordés avec prudence
Si la priorité affichée est économique, des questions politiques délicates – comme l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi en 2018 ou la répression en Iran – devraient être évoquées en marge des entretiens. Le chancelier a promis d’aborder les divergences « dans le dialogue ».

Concernant l’Iran, M. Merz a appelé Téhéran à « cesser la violence », à « arrêter son programme nucléaire militaire » et ses activités déstabilisatrices. Il a également réaffirmé le soutien historique de l’Allemagne à Israël, tout en souhaitant la promotion d’un « nouvel ordre de paix » dans la région, incluant un jour l’État hébreu.

Cette tournée s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification des alliances de Berlin, après des visites récentes au Brésil, en Afrique du Sud et en Inde. Elle souligne la volonté allemande de réduire sa dépendance à l’égard des grandes puissances tout en sécurisant ses intérêts économiques et énergétiques dans un monde de plus en plus compétitif.

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