Deux Chinois arrêtés en Gironde pour suspicion d’espionnage au profit de Pékin

Deux ressortissants chinois ont été interpellés samedi en Gironde et placés en garde à vue, soupçonnés d’avoir tenté de capturer des données satellitaires sensibles, notamment militaires, pour les transmettre à la Chine. Quatre personnes au total ont été appréhendées dans cette enquête confiée à la DGSI et au parquet de Paris.

Selon le ministère public, les deux hommes, présentés ce mercredi à un juge d’instruction, étaient venus en France avec pour mission « d’effectuer une captation de données du réseau Starlink et des données provenant d’entités d’importance vitale, notamment militaires ». La détention provisoire a été requise pour deux d’entre elles.

Un équipement sophistiqué découvert dans un Airbnb
L’affaire a été révélée par des riverains de Gironde, alertés par l’installation d’une parabole de 2 mètres de diamètre et des perturbations de leur connexion internet. Lors d’une perquisition menée dans le logement loué sur Airbnb, les enquêteurs ont saisi « un système d’ordinateurs reliés à des antennes paraboliques permettant la captation de données satellitaires ».

L’Agence nationale des fréquences a constaté l’utilisation illégale de fréquences radio, du brouillage et la détention d’équipements de captation non autorisés. Le dispositif permettait, selon le parquet, « d’intercepter illégalement le flux descendant des satellites, notamment des échanges entre entités militaires ».

Un réseau d’ingénieurs lié à des projets militaires
Les deux suspects avaient déclaré, pour leurs visas, travailler comme ingénieurs pour une entreprise spécialisée dans les systèmes de communication sans fil, qui coopère avec des universités menant des projets à vocation militaire. Deux autres personnes, soupçonnées d’avoir importé illégalement le matériel, ont également été interpellées.

L’enquête révèle que les suspects « cherchaient à comprendre la technologie Starlink ». Une antenne Starlink usagée et un boîtier de réception satellitaire ont été retrouvés dans leur commerce.

Une menace récurrente en Europe
Cette affaire s’inscrit dans une série de cas d’espionnage lié à la Chine en Europe ces derniers mois. En décembre, un enseignant-chercheur de Bordeaux avait déjà été mis en examen pour intelligence avec une puissance étrangère, après avoir fait entrer une délégation chinoise dans des zones sensibles.

Début janvier, la police tchèque a annoncé l’arrestation d’une personne soupçonnée de travailler pour les services de renseignement chinois, tandis qu’en Allemagne et au Royaume-Uni, plusieurs procédures judiciaires visent des actes similaires.

Le chef des services secrets britanniques avait alerté en octobre sur la « menace quotidienne » que fait peser l’espionnage chinois, rappelant l’ampleur des enjeux de sécurité soulevés par ces activités.

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