Manifestation massive à Saint-Gaudens contre la fermeture de l’usine Fibre Excellence
Malgré une pluie battante, plusieurs milliers de personnes ont défilé samedi à Saint-Gaudens (Haute-Garonne) pour défendre l’usine de pâte à papier Fibre Excellence, menacée de fermeture, a constaté l’AFP. Environ 3 000 manifestants, selon la CGT, ont parcouru les rues de cette sous-préfecture dont les commerces avaient fermé par solidarité.
Une annonce brutale qui frappe le territoire
« On a appris ça il y a 15 jours, après les fêtes », témoigne Audrey Noël, dont le mari est contremaître dans l’usine. « C’est compliqué pour beaucoup de familles impactées par cette fermeture possible », ajoute-t-elle, accompagnée de ses deux filles.
Avec 300 emplois directs, le site est un poumon économique pour ce territoire rural au pied des Pyrénées. Un autre établissement du groupe à Tarascon (Bouches-du-Rhône, 250 emplois) est également menacé.
Des difficultés financières liées au prix de l’énergie
Selon Sébastien Oustric, délégué CGT, l’entreprise subit une forte baisse de rentabilité en raison de la chute du prix de la pâte à papier et de la flambée du coût des matières premières. Mais le principal problème reste le contrat d’électricité avec EDF, jugé trop élevé.
« La direction discute avec l’État depuis longtemps, mais l’État ne nous a pas entendus. L’actionnaire nous a dit : au rythme où on va, le 15 mars ce sera la fermeture », explique-t-il.
Un appel direct au gouvernement
Le maire de Saint-Gaudens, Jean-Yves Duclos (DVG), affirme que « le sauvetage immédiat dépend uniquement du Premier ministre et de l’État ». « Si le Premier ministre décide de réhausser le tarif de l’électricité, l’usine est sauvée », insiste-t-il, rappelant que la production d’énergie est l’une des activités du site.
La présidente de la région Occitanie, Carole Delga (PS), présente dans le cortège, a dénoncé le « double langage » du gouvernement : « On n’en finit pas de dire que l’on soutient la réindustrialisation, là, le gouvernement est en train d’enterrer une usine de pâte à papier. »
La mobilisation, qui a réuni élus, salariés et habitants, illustre l’inquiétude d’un bassin d’emploi face à une fermeture qui pourrait être effective dès la mi-mars en l’absence d’intervention publique.
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