L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal élu à l’Académie française
L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a été élu, jeudi 29 janvier 2026, au premier tour avec 25 voix, pour rejoindre les « Immortels » de l’Académie française. À 81 ans, il succède au fauteuil de l’historien Jean-Denis Bredin, décédé en 2021.
Sa candidature, annoncée début janvier, a rapidement fait de lui le favori parmi les six prétendants. Il rejoint ainsi d’autres figures littéraires contemporaines telles qu’Amin Maalouf, Jean-Christophe Rufin et Érik Orsenna.
Un parcours marqué par la dissidence
L’élection de Boualem Sansal intervient moins de trois mois après sa libération de prison en Algérie, où il avait été incarcéré en novembre 2024 à son arrivée à Alger. Condamné à cinq ans de détention pour « atteinte à l’unité nationale » en raison de propos critiques sur le pouvoir algérien, il avait finalement bénéficié d’une grâce présidentielle octroyée par Abdelmadjid Tebboune.
Son arrestation avait suscité une forte mobilisation en France en faveur de cet intellectuel athée, connu pour ses prises de position contre l’islamisme radical et le régime algérien.
Une œuvre littéraire saluée
Auteur d’une trentaine d’ouvrages – romans, essais et recueils de nouvelles –, Boualem Sansal avait notamment obtenu le grand prix du roman de l’Académie française en 2015 pour 2084. La fin du monde (Gallimard), une réécriture dystopique inspirée de *1984* de George Orwell. Parmi ses œuvres les plus marquantes figurent également Rue Darwin et Le Village de l’Allemand.
Élue pour « donner des règles certaines » à la langue française, l’Académie, fondée en 1635, poursuit ainsi son ouverture à des voix littéraires engagées et internationales. Boualem Sansal sera intronisé lors d’une cérémonie traditionnelle au cours de laquelle il recevra l’habit vert et l’épée symbolique.
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