L’Union européenne classe les Gardiens de la révolution iraniens comme organisation terroriste
Les ministres des Affaires étrangères des 27 ont décidé, jeudi 29 janvier 2026, de désigner officiellement les Gardiens de la révolution iraniens – l’armée idéologique du régime – comme une organisation terroriste. Cette mesure intervient en réaction à la répression violente des manifestations en Iran, qui aurait fait des milliers de victimes ces dernières années.
« La répression ne peut rester sans réponse », a déclaré la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, sur X. « Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte. »
L’inscription des Gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes de l’UE entraîne un renforcement de la coopération policière et judiciaire entre les États membres contre ses membres, ainsi que des sanctions ciblées. Au total, 21 entités et responsables iraniens – dont le ministre de l’Intérieur et plusieurs chefs des Gardiens – font l’objet d’un gel d’avoirs et d’une interdiction de séjour dans l’Union.
Une décision à l’unanimité, mais non sans réserves
Si le vote a finalement été unanime, plusieurs pays – dont la France, l’Espagne et la Belgique – avaient exprimé des craintes quant à une rupture des canaux de dialogue avec Téhéran, notamment sur le dossier nucléaire ou la libération de ressortissants européaux détenus.
En rejoignant les États-Unis, le Canada et l’Australie, l’UE envoie un signal politique fort. Israël a salué une « décision importante et historique », tandis que la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a affirmé : « “Terroriste”, c’est bien ainsi que l’on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang. »
Téhéran dénonce une « erreur stratégique majeure »
L’Iran a réagi avec virulence. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a accusé l’Europe « d’attiser le feu » dans une région déjà instable. Dans un communiqué, les forces armées iraniennes ont qualifié la décision d’« illogique, irresponsable et malveillante », prise par « obéissance aveugle » aux États-Unis et à Israël.
Interrogée sur les risques d’escalade, Kaja Kallas a estimé que le Moyen-Orient « n’a pas besoin d’une nouvelle guerre ». Cette désignation historique marque un durcissement sans précédent de la position européenne face à Téhéran, tout en ouvrant une phase de tensions diplomatiques accrues.
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