Le Sénat adopte à l’unanimité la loi sur la restitution des biens culturels africains
Le Sénat français a adopté mercredi 28 janvier, à l’unanimité, un projet de loi visant à faciliter la restitution des biens culturels pillés en Afrique entre 1815 et 1972. Ce texte, salué comme une réponse à une « vraie attente » des pays concernés, simplifie les procédures en évitant que chaque demande ne passe systématiquement par un vote du Parlement.
« On ne pouvait pas continuer d’œuvrir, restitution ou non, avec des lois d’espèces », a déclaré le sénateur LR Max Brisson, vice-président de la commission de la Culture. « Mais nous avons toujours souhaité que la réponse de la France ne soit pas de tout rendre, mais plutôt que, œuvre par œuvre, on ait une vraie analyse scientifique ».
Une approche scientifique paritaire
Le processus prévoit la création de comités scientifiques mixtes, composés à parité de chercheurs français et de chercheurs du pays demandeur. « Admettons que cela soit le Sénégal qui demande, alors un comité scientifique à parité va être établi […] afin de rétablir, retracer l’histoire et la provenance de l’œuvre », a expliqué la sénatrice et rapporteure du texte Catherine Morin-Dessailly.
Plusieurs demandes déjà identifiées
Selon le Sénat, une douzaine de demandes sont actuellement enregistrées, notamment du Bénin pour la statue du dieu Gou, et de l’Algérie pour les effets personnels de l’émir Abdelkader.
Pour être définitivement adoptée, la loi doit désormais être examinée par l’Assemblée nationale. « J’espère que le gouvernement inscrira le texte avant l’été », a souhaité un élu du Sénat, marquant une volonté politique de faire avancer ce dossier symbolique et historique.
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