L’Assemblée adopte une résolution contre les Frères musulmans après des débats houleux
Jeudi, l’Assemblée nationale a adopté une résolution visant à inscrire les Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes, à l’issue de près de cinq heures de débats marqués par une ambiance tendue et de vifs échanges entre députés. Le texte, présenté par Les Républicains lors de leur journée réservée, a été adopté par 157 voix contre 101, avec le soutien du gouvernement et du Rassemblement national, tandis que l’ensemble de la gauche s’est opposé au projet.
Non contraignante, la résolution appelle la Commission européenne à engager une procédure pour évaluer juridiquement et factuellement le réseau transnational des Frères musulmans et ses responsables. Elle demande également à l’Union européenne de se pencher sur la mouvance et son idéologie.
Après le vote, Laurent Wauquiez, président du groupe LR, a déclaré que le texte permettrait de sortir « d’un déni » et a encouragé le gouvernement à relayer l’initiative à l’échelle européenne. Le gouvernement, par l’intermédiaire de la ministre de la Francophonie Eléonore Caroit, a adopté un avis de sagesse, partageant l’objectif mais soulignant que le texte présente des fragilités juridiques.
La séance a été marquée par des incidents et échanges très vifs. Le député RN Laurent Jacobelli a notamment provoqué une réaction de l’opposition en déclarant : « les Frères musulmans veulent lapider les homosexuels, et bien, si vous voulez lapider les homosexuels, votez LFI ». Le député Insoumis Pierre-Yves Cadalen, s’identifiant comme homosexuel, a vivement répliqué en dénonçant cette insinuation.
Un autre incident a opposé Sébastien Chenu (RN) et Antoine Léaument (LFI) dans l’hémicycle, avec des accusations de menace verbale rapidement démenties, illustrant la tension extrême qui a marqué les débats.
Le mouvement des Frères musulmans, fondé en 1928 en Égypte, est un mouvement pan-islamiste sunnite qui avait étendu son influence sur le monde arabe, avant de reculer sous la pression de grandes puissances régionales.
La question de l’inscription du mouvement sur la liste européenne des organisations terroristes sera examinée lors d’une réunion du bureau de l’Assemblée le 18 février, a annoncé Sébastien Chenu.
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