les agriculteurs maintiennent la pression, plus de 350 tracteurs devant l’Assemblée nationale

La mobilisation des agriculteurs se poursuit en France. Ce mardi 13 janvier, environ 350 tracteurs se sont rassemblés devant l’Assemblée nationale à Paris, à l’appel de la FNSEA, premier syndicat agricole, et de son allié des Jeunes Agriculteurs. Les manifestants entendent dénoncer notamment l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, dont la signature est jugée imminente.

Dès les premières heures de la matinée, un convoi de tracteurs est entré dans la capitale par la porte Dauphine, sous escorte des forces de l’ordre. Devant le palais Bourbon, une banderole proclamant « La révolte paysanne reprend » a été déployée, marquant la détermination des manifestants à poursuivre le mouvement, quelques jours seulement après les actions menées par la Coordination rurale et la Confédération paysanne.

Dans l’après-midi, des responsables locaux de la FNSEA ont été reçus par le cabinet du Premier ministre Sébastien Lecornu, tandis que la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, est venue à la rencontre des agriculteurs sur place. Les syndicats réclament des « actes concrets et immédiats » pour défendre la souveraineté alimentaire et assurer la viabilité économique des exploitations.

« On est au bout du bout. Cela fait trois ans que nos exploitations ne dégagent plus de revenus et les responsables politiques sont incapables de nous donner une direction claire », a déclaré Guillaume Moret, responsable de la FNSEA en Île-de-France.

Cette mobilisation intervient dans un contexte de fortes inquiétudes liées à l’accord UE-Mercosur, qui prévoit une ouverture accrue du marché européen à des produits agricoles en provenance d’Argentine, du Brésil, du Paraguay et de l’Uruguay. Les agriculteurs redoutent une concurrence accrue de produits importés à bas coût et ne respectant pas, selon eux, les normes sanitaires et environnementales européennes.

La colère du monde agricole a également été ravivée par la gestion de l’épizootie de dermatose nodulaire contagieuse touchant les bovins, en particulier dans le Sud-Ouest du pays. Une situation qui a conduit le président du Salon de l’agriculture à annoncer l’absence, pour la première fois, de vaches lors de la prochaine édition de l’événement.

Pour tenter d’apaiser la contestation, le Premier ministre a annoncé qu’un projet de « loi d’urgence » sur la politique de l’eau, la prédation du loup et les moyens de production serait présenté en mars et examiné par le Parlement avant l’été. Il a également évoqué un moratoire sur les décisions liées à la politique de l’eau et s’est dit prêt à solliciter la Commission européenne afin de faire évoluer le cadre réglementaire concernant l’utilisation des nitrates, une revendication portée de longue date par la FNSEA.

Depuis début décembre, les actions de protestation se multiplient à travers le pays. Les premières mesures annoncées par le gouvernement, dont une enveloppe de 300 millions d’euros dévoilée le 9 janvier, n’ont pas suffi à calmer une contestation agricole qui demeure vive.

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