Algérie : Tebboune appelle les jeunes en situation irrégulière à l’étranger à rentrer sans poursuites
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a appelé les jeunes Algériens en situation précaire et irrégulière à l’étranger à rentrer au pays, à l’issue d’un Conseil des ministres tenu le 11 janvier à Alger, a rapporté l’Agence de presse algérienne (APS).
Selon le communiqué du Conseil des ministres cité par l’APS, cette décision vise à régulariser la situation des jeunes Algériens se trouvant illégalement à l’étranger, y compris ceux qui auraient été « induits en erreur » ou « instrumentalisés contre leur pays ». Ces derniers pourront rentrer en Algérie sans faire l’objet de poursuites judiciaires, à condition de signer un engagement à ne pas récidiver.
La mise en œuvre de cette mesure sera assurée par les consulats algériens à l’étranger, qui prendront en charge les procédures nécessaires jusqu’au retour des personnes concernées. Le communiqué précise que cet appel s’adresse aux migrants n’ayant commis « aucune infraction majeure dans les pays hôtes », lesquels pourront regagner l’Algérie « sans crainte ».
Les autorités algériennes soulignent que nombre de ces jeunes vivent loin de leur patrie et de leurs familles, dans des conditions de grande précarité, exposés à la pauvreté extrême et contraints d’accepter des emplois dégradants. Certains seraient également exploités par des réseaux criminels ou instrumentalisés à des fins hostiles à leur pays.
Cette mesure exclut toutefois les personnes impliquées dans des « crimes de sang », le trafic de drogue ou d’armes, ainsi que celles ayant collaboré avec des services de sécurité étrangers dans le but de porter atteinte à l’Algérie.
Pour rappel, la législation algérienne en vigueur depuis 2009 prévoit des sanctions à l’encontre des migrants algériens en situation irrégulière à leur retour au pays. Les personnes interceptées en mer encourent notamment jusqu’à six mois de prison et des amendes.
Si aucun pays n’est explicitement mentionné, la France abrite la plus importante communauté algérienne à l’étranger. Les autorités françaises se heurtent régulièrement au refus d’Alger de reprendre les ressortissants algériens visés par une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Des contacts ont toutefois été récemment renoués entre les deux pays, et une visite du ministre français de l’Intérieur à Alger est envisagée dans les prochains mois.
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