Richard Ferrand appelle à défendre l’État de droit lors de ses vœux à Emmanuel Macron
Le président du Conseil constitutionnel, Richard Ferrand, a lancé lundi un appel aux pouvoirs publics pour protéger l’État de droit, qu’il considère comme « l’oxygène de la démocratie », lors de ses vœux adressés au président Emmanuel Macron.
« La démocratie est le seul régime qui permet de respirer la liberté et l’État de droit est son oxygène. N’attendons pas d’en manquer pour devoir la réanimer », a-t-il déclaré, selon le texte de son discours publié par son institution.
Soutien aux citoyens et responsables publics menacés
Richard Ferrand a évoqué les cas du juge français de la Cour pénale internationale Nicolas Guillou et de l’ancien commissaire européen Thierry Breton, tous deux visés par des sanctions américaines. Il a insisté sur la nécessité de « soutenir » ceux qui « se voient entravés dans leurs libertés par tous ceux qui croient plus à la force qu’au droit ».
Il a mis en garde contre la tentation de prendre modèle sur « des démonstrations de force, présentées comme efficaces et d’effet immédiat », qui pourraient « caricaturer les démocraties comme lentes et inefficaces ».
Promouvoir la Constitution et l’éducation citoyenne
Succédant à Laurent Fabius en mars dernier, Richard Ferrand a affirmé sa volonté de « faire connaître la Constitution et le Conseil constitutionnel, en particulier auprès des jeunes, citoyens de demain ». Selon lui, rappeler que « l’État de droit soumet les autorités publiques au droit, protège de l’arbitraire, garantit l’égalité des citoyens et la séparation des pouvoirs » doit redevenir « un devoir quotidien ».
Il a également défendu le rôle du Conseil constitutionnel dans le contrôle des lois, parfois critiqué comme source de freins ou de « maux à combattre » : « La volonté générale ne s’exprime que dans le respect de la Constitution », a-t-il rappelé, estimant que la loi « doit être constitutionnelle avant d’être communicationnelle ».
Mise en garde contre la dictature de l’urgence
Enfin, Richard Ferrand a alerté sur les dangers de la « dictature de l’urgence » et de la pression médiatique : « Succomber à l’impératif du buzz ou à la pression du moment génère rarement des solutions appropriées à des problèmes complexes, chasse la pensée et produit parfois des textes qui débordent notre cadre constitutionnel », a-t-il fustigé.
Son discours souligne la volonté du président du Conseil constitutionnel de réaffirmer l’importance de l’État de droit et de la Constitution comme piliers de la démocratie française.
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