Iran : les partis kurdes lancent une grève générale en solidarité avec le mouvement national
Le mouvement d’opposition au régime iranien touche désormais de nombreuses régions du pays, y compris des villes à majorité kurde. Ce jeudi 8 janvier, une grève générale a été observée dans une trentaine de villes et villages kurdes, à l’appel des sept principaux partis politiques kurdes d’Iran, selon l’ONG Hengaw. Cette initiative intervient au 12ᵉ jour des manifestations nationales.
Solidarité kurde et prudence face à la répression
Asso Hassan Zadeh, responsable en Europe du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (PDKI), souligne que cette mobilisation vise à montrer la solidarité des Kurdes avec le mouvement national, tout en évitant les actions qui pourraient entraîner une répression accrue. « Les forces de sécurité iraniennes ont tendance à utiliser la force plus facilement contre les Kurdes », explique-t-il. La grève générale a été particulièrement suivie dans des villes comme Kermanchah, Ilam et dans le Lorestan.
Les violences ont déjà fait de nombreuses victimes. L’ONG Hengaw rapporte que des manifestations à Malekshahi ont été sévèrement réprimées et que des forces du régime ont attaqué un hôpital d’Ilam où étaient soignés des blessés. Selon Zadeh, presque la moitié des quarante victimes de la répression nationale sont originaires du Kurdistan ou du Lorestan.
Un bloc kurde renforcé au sein de l’opposition
La coalition de partis kurdes à l’origine de l’appel à la grève a été formée récemment et cherche à consolider un front kurde plus solide au sein de l’opposition iranienne. « Nous avons noué des alliances avec d’autres groupes ethniques et des forces de gauche iranienne. Nous voulons reconnaître la nature multiethnique de la société iranienne et, éventuellement, accepter le fédéralisme », précise Asso Hassan Zadeh.
L’objectif est de rendre ces forces plus visibles sur le plan médiatique et de créer un front d’opposition plus large et plus structuré dans les semaines à venir.
Reza Pahlavi dans le débat international
Sur la scène internationale, le rôle du fils du Shah, Reza Pahlavi, suscite des réserves. Zadeh estime que malgré sa visibilité médiatique et ses ressources, il ne représente pas une alternative crédible pour l’avenir de l’Iran, en raison de son incapacité à reconnaître la diversité ethnique du pays. « Pour la majorité de la population iranienne, un retour du régime monarchique n’est pas souhaité », affirme-t-il.
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