Centrafrique : le président Faustin-Archange Touadéra réélu avec 76,15 % des voix

Le président de la Centrafrique, Faustin-Archange Touadéra, a été réélu avec 76,15 % des voix, selon les résultats provisoires annoncés par l’Autorité nationale des élections dans la nuit du 5 au 6 janvier. Son principal opposant, Anicet-Georges Dologuélé, arrive en deuxième position avec 14,66 % des suffrages, tandis que Henri-Marie Dondra obtient 3,19 %. Les résultats définitifs seront proclamés à la mi-janvier par le Conseil constitutionnel, après l’examen d’éventuels recours.

Le scrutin du 28 décembre 2025, auquel 52,43 % des électeurs ont participé, combinait des élections présidentielles, législatives, régionales et municipales. Une partie de l’opposition avait choisi de boycotter les élections, dénonçant une « mascarade » et critiquant l’Autorité nationale des élections et la Cour constitutionnelle pour leur manque d’indépendance.

Des élections critiquées mais saluées par l’Union africaine

Anicet-Georges Dologuélé a revendiqué sa victoire avant la proclamation des résultats, dénonçant des irrégularités majeures. Henri-Marie Dondra a lui appelé à l’annulation des scrutins, pointant « l’incapacité » de l’agence nationale à organiser le vote.

De leur côté, les observateurs de l’Union africaine (UA) ont qualifié le processus d’« élections apaisées » et salué une amélioration notable par rapport aux scrutins de 2016 et 2020, estimant que les procédures légales avaient été respectées.

Touadéra, le candidat de la stabilité

Présenté comme le « candidat de la stabilité », Faustin-Archange Touadéra gouverne un pays longtemps fragilisé par les guerres civiles et les coups d’État. Aujourd’hui, le gouvernement contrôle près de 90 % du territoire, contre 20 % en 2021, grâce notamment à la présence de forces paramilitaires russes du groupe Wagner et de l’armée rwandaise, ainsi qu’aux accords de paix signés avec trois groupes armés cette année.

Malgré ces avancées, la vie quotidienne reste difficile pour les 5,5 millions de Centrafricains : 71 % vivent sous le seuil de pauvreté, les services de base font défaut, le chômage est élevé et le coût de la vie augmente. L’instabilité perdure surtout à l’Est, près de la frontière des deux Soudans, et au nord-ouest du pays.

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