Incendie de Crans-Montana : l’enquête révèle des contrôles de sécurité manquants, les propriétaires réagissent

L’enquête sur l’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana, survenu dans la nuit du Nouvel An et ayant fait 40 morts et de nombreux blessés, met en lumière des manquements graves dans les contrôles de sécurité.

Mardi 6 janvier, Nicolas Féraud, président du Conseil communal de Crans-Montana, a reconnu que les inspections périodiques obligatoires du bar n’avaient pas été effectuées entre 2020 et 2025. La loi suisse impose des visites annuelles dans les établissements recevant du public. « Nous le regrettons amèrement », a déclaré l’élu, précisant ne pas savoir pourquoi ces contrôles n’ont pas eu lieu.

Des inspections avaient pourtant été menées en 2016, 2018 et 2019, avec des recommandations spécifiques pour se conformer aux normes. Une étude acoustique externe réalisée en septembre 2025 avait confirmé la conformité des lieux sur le plan anti-bruit, sans relever d’autres problèmes.

Les propriétaires réagissent pour la première fois

Les propriétaires français du bar, Jacques et Jessica Moretti, visés depuis samedi par une enquête pour homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence, ont publié mardi leur premier communiqué.

« Nous sommes dévastés et envahis par le chagrin », écrivent-ils, assurant faire pleinement confiance aux enquêteurs et collaborer entièrement. Ils affirment être en « pensée constante » pour les victimes, leurs familles et les blessés, tout en saluant le courage des forces de l’ordre et des sauveteurs.

Les causes et le contexte du drame

Selon l’enquête, l’incendie aurait été provoqué par des bougies dites “fontaines”, qui ont enflammé le plafond du sous-sol recouvert de mousse acoustique. Les clients, principalement des adolescents et jeunes adultes, ont été piégés par les flammes. Des vidéos diffusées par la RTS montrent que ce type de bougies avait déjà été utilisé lors du réveillon 2019-2020 et que le danger était connu : une employée avait alors averti « Faites gaffe à la mousse ! ».

Le président de Crans-Montana a souligné que la commune n’avait jamais été informée de ce risque et aurait agi immédiatement si elle en avait eu connaissance. « J’ai vécu cette semaine de façon extrêmement difficile. Je sais que je porterai ce fardeau et la tristesse de toutes ces familles toute ma vie », a-t-il ajouté.

Enfin, la commune a rappelé que les travaux intérieurs réalisés par le propriétaire depuis l’autorisation de 2015 n’avaient pas nécessité d’autorisation, et qu’aucun problème n’avait été signalé depuis. L’enquête doit notamment déterminer si la mousse utilisée respectait les normes de sécurité.

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