Royaume-Uni : les arrivées de migrants par la Manche à un niveau inédit depuis 2022
Le nombre de migrants ayant rejoint le Royaume-Uni par la Manche a fortement augmenté en 2025, atteignant son plus haut niveau depuis trois ans. Selon des statistiques officielles publiées jeudi 1er janvier 2026, 41 472 personnes sont arrivées sur les côtes britanniques à bord de petites embarcations parties de France, soit le deuxième total annuel le plus élevé depuis le début des relevés en 2018.
D’après le ministère britannique de l’Intérieur, ce chiffre n’est dépassé que par le record de 2022, année durant laquelle 45 774 migrants avaient effectué cette traversée périlleuse. Après un recul en 2023, les arrivées étaient déjà reparties à la hausse en 2024, avec 36 816 personnes recensées.
Des traversées toujours plus dangereuses
Ces passages par la Manche continuent de s’accompagner de drames humains. Selon un décompte de l’Agence France-Presse (AFP) fondé sur des sources officielles françaises et britanniques, au moins 29 migrants ont perdu la vie en mer en 2025.
Une pression politique accrue sur le gouvernement Starmer
Cette hausse constitue un revers pour le gouvernement travailliste du Premier ministre Keir Starmer, en fonction depuis juillet 2024. L’exécutif est confronté à une montée en puissance du parti anti-immigration Reform UK, dirigé par Nigel Farage, qui domine les sondages depuis plusieurs mois.
L’ancien figure de proue du Brexit entend capitaliser sur l’impopularité du gouvernement à l’approche des élections locales de mai prochain. « Si nous réussissons lors de ce scrutin, nous continuerons sur notre lancée et remporterons les élections législatives », prévues au plus tard en 2029, a-t-il affirmé dans son message de Nouvel An, diffusé le 31 décembre.
L’accord migratoire avec la France en question
Ni les promesses de l’ancien Premier ministre conservateur Rishi Sunak d’« arrêter les bateaux », ni l’engagement de Keir Starmer de « démanteler les gangs » de passeurs n’ont, jusqu’à présent, permis d’endiguer les traversées.
L’été dernier, Londres et Paris ont conclu un accord prévoyant le renvoi vers la France des migrants arrivés par petites embarcations, en échange de l’admission légale au Royaume-Uni de migrants se trouvant sur le sol français. Ce mécanisme, vivement critiqué par les organisations de défense des droits humains, n’a pas eu d’effet dissuasif notable.
Selon les chiffres communiqués par le Home Office, 153 personnes ont été renvoyées vers la France dans ce cadre, tandis que 134 migrants ont été admis légalement au Royaume-Uni.
« Nous réformons notre système d’immigration pour faciliter le renvoi des migrants en situation irrégulière qui n’ont pas le droit de rester », a déclaré le secrétaire d’État à la Sécurité des frontières, Alex Norris, dans un communiqué transmis à l’AFP. « Notre message est clair : toute tentative de retour illégal entraînera un renvoi », a-t-il ajouté.
Un climat de plus en plus tendu autour de l’immigration
Les arrivées par petites embarcations, quasi inexistantes en 2018, ont fortement augmenté ces dernières années. Près des trois quarts des migrants sont des hommes adultes. Leurs principaux pays d’origine sont l’Érythrée, l’Afghanistan, l’Iran, le Soudan et la Somalie. Entre octobre 2024 et septembre 2025, plus de 95 % des personnes arrivées ont demandé l’asile, accordé dans environ deux tiers des cas.
Dans un contexte de demandes d’asile record — plus de 110 000 sur la période considérée —, le débat sur l’immigration s’est durci. L’été 2025 a été marqué par des manifestations devant des hôtels hébergeant des demandeurs d’asile. En septembre, une mobilisation organisée à Londres par le militant d’extrême droite Tommy Robinson a rassemblé jusqu’à 150 000 personnes, un niveau inédit selon les autorités.
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