Palestine Action : le mouvement pro-palestinien interdit et classé « terroriste » au Royaume-Uni

Londres – Fondé en 2020, le groupe activiste Palestine Action a été classé comme « organisation terroriste » par le gouvernement britannique début juillet 2025, déclenchant une vague d’arrestations et un vif débat sur les libertés civiles. Plus de 700 personnes ont depuis été interpellées pour avoir affiché leur soutien au mouvement.

Qui se cache derrière Palestine Action ?
Créé par Huda Ammori (militante pro-palestinienne) et Richard Barnard (ancien d’Extinction Rebellion), le groupe prône l’action directe pour dénoncer la « complicité britannique » avec Israël, notamment dans les ventes d’armes. Leurs méthodes incluent :

  • Occupations d’usines d’armement (notamment celles d’Elbit Systems, géant israélien de la défense)
  • Vandalisme à la peinture rouge sur des bâtiments symboliques
  • Destructions de matériel et blocages d’infrastructures

Une escalade après la guerre de Gaza
Le mouvement a radicalement accru ses actions après octobre 2023 :

  • 17 actions en 2020170 actions en 2024 (source : The Sunday Times)
  • Cibles élargies : banques, universités, médias (BBC), et même un golf de Donald Trump en Écosse
  • Point de rupture : l’intrusion en juin 2025 dans la base aérienne de Brize Norton, causant 7 millions de livres de dégâts sur deux avions militaires

Pourquoi une interdiction aussi radicale ?
Le Premier ministre Keir Starmer a justifié cette décision en arguant que le groupe :

  • Menait des « actions criminelles contre des infrastructures nationales »
  • Avait « recours à la violence » (selon la ministre de l’Intérieur Yvette Cooper)
  • Représentait une menace pour la sécurité nationale

Palestine Action rejoint ainsi la liste des organisations terroristes du Royaume-Uni, aux côtés du Hamas et d’Al-Qaïda.

Un dangereux précédent pour les libertés civiles ?
L’interdiction soulève de vives critiques :

  • 700 arrestations pour simple soutien (panneaux, manifestations pacifiques)
  • Des personnalités comme la romancière Sally Rooney risquent 14 ans de prison pour soutien financier
  • 266 avocats et 52 universitaires (dont Judith Butler) dénoncent un « amalgame entre protestation et terrorisme »
  • L’ONU s’inquiète d’une application abusive des lois antiterroristes

La suite : un recours en justice en novembre
Huda Ammori a contesté l’interdiction devant les tribunaux. Son audition est prévue en novembre 2025, dans un climat de tension croissante entre le gouvernement et les défenseurs des droits civiques.

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