Mort du streamer Jean Pormanove : Kick, la plateforme laxiste au cœur du scandale
Paris – Le décès tragique du streamer français Jean Pormanove, survenu le 18 août en direct sur la plateforme Kick, a plongé le monde du streaming dans un scandale sans précédent. Les autorités françaises, après avoir obtenu le blocage de la chaîne, pointent du doigt les pratiques de cette plateforme aux règles de modération minimales et à la rémunération ultra-avantageuse.
Alors que l’autopsie a conclu jeudi 21 août à une mort sans « lien avec l’intervention d’un tiers », l’enquête se poursuit sur les circonstances qui ont conduit à ce drame. Pendant 12 jours, des milliers d’internautes ont assisté, impuissants, à des vidéos où l’homme de 46 ans subissait violences et maltraitance de la part de deux autres streamers.
Kick, une plateforme née d’un bannissement et axée sur le profit
Fondée en 2022 à Melbourne (Australie) par les milliardaires Ed Craven et Bijan Tehrani, Kick est une réponse directe à leur éviction de Twitch. Les deux hommes, qui ont fait fortune avec le casino en ligne Stake (4,7 milliards de dollars de revenus en 2024), ont été bannis pour y avoir promu leurs activités de paris.
Kick s’est construite comme un refuge pour les streamers controversés, bannis d’autres plateformes pour leurs excès. Elle accueille ainsi des figures ultra-polémiques comme le sympathisant pro-Trump Adin Ross ou l’influenceur Marvel Fitness, condamné en France pour harcèlement en ligne.
Un modèle économique agressif et une modération défaillante
Le modèle de Kick repose sur deux piliers :
- Une rémunération inédite pour les streamers : La plateforme reverse 95% des revenus générés (abonnements, dons) aux créateurs de contenus, ne gardant que 5% pour elle-même, contre près de 50% pour la concurrence.
- Une modération délibérément laxiste : Avec seulement 75 modérateurs – dont aucun ne parle français selon la ministre déléguée au Numérique Clara Chappaz –, Kick laisse prospérer des contenus violents, sexuels ou promouvant les jeux d’argent, attirant un public nombreux en quête de sensationalisme.
Malgré une audience moyenne mondiale de 855 000 spectateurs en juillet (loin derrière les 2,2 millions de Twitch), Kick sait aussi attirer des stars comme MrBeast pour de grandes opérations caritatives, verdissant ainsi son image.
Un revirement critiqué et des promesses de changement
Le handling de la crise par Kick a été chaotique. Après avoir banni les comptes impliqués, la plateforme a brièvement débloqué la chaîne du défunt avant que les autorités françaises n’obtiennent son re-blocage dès le vendredi 22 août.
Sous la pression de l’Arcom, le gendarme français du numérique, Kick s’est engagée à revoir en profondeur ses règles de modération et de supervision des contenus. Un engagement qui sonne comme un aveu de faiblesse et qui sera scruté à la loupe par les régulateurs du monde entier.
Ce drame met en lumière les dangers d’un modèle économique basé sur l’audience à tout prix et pose une question cruciale : jusqu’où les plateformes peuvent-elles aller dans la permissivité au nom du profit ?
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