VIH, tuberculose, paludisme : les ONG appellent la France à garantir son soutien au Fonds mondial

À quelques jours de la réunion des donateurs du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, prévue le 21 novembre à Johannesburg, plusieurs ONG françaises appellent le gouvernement à maintenir son niveau de financement. Face au désengagement des États-Unis depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, elles craignent une chute des ressources qui mettrait en péril la lutte contre ces trois maladies infectieuses majeures.

Un appel pressant lancé à Paris

« La France doit s’engager à maintenir sa contribution au Fonds mondial », ont réclamé une dizaine d’ONG depuis Paris.
Les organisations demandent à l’État français de garantir un financement stable sur la période 2027-2029, alors que la réunion internationale de Johannesburg doit fixer les nouvelles promesses de dons.

Depuis janvier, le secteur de l’aide internationale est secoué par la décision de Donald Trump de geler une grande partie des aides étrangères américaines. Ce retrait fragilise directement le Fonds mondial, dont les États-Unis étaient jusqu’ici le principal contributeur.
Plusieurs pays européens – Allemagne, Danemark, Espagne, Luxembourg, Norvège, Portugal, Suisse et Australie – ont déjà annoncé des promesses de dons anticipées. Reste à savoir si la France fera de même.

Une reprise inquiétante du VIH sur le terrain

Pour les associations, une baisse des financements aurait des conséquences dramatiques.
« Sur le terrain, nos collègues constatent une hausse des tests positifs au VIH et des licenciements de personnel médical », alerte Florence Giard, directrice générale adjointe de Coalition PLUS, qui regroupe une centaine d’ONG engagées contre le sida et les hépatites virales.
Elle craint déjà « les premiers signes d’une reprise de l’épidémie ».

Et ce, alors même que de nouveaux outils de prévention prometteurs voient le jour :

« La PrEP, prophylaxie pré-exposition, sera bientôt disponible sous forme d’injection semestrielle ou de comprimé mensuel. Mais si les financements s’effondrent, ces innovations resteront hors de portée de nombreuses personnes », souligne-t-elle.

Un enjeu crucial pour la France, deuxième contributeur mondial

La France est aujourd’hui le deuxième donateur du Fonds mondial, derrière les États-Unis.
Mais les ONG redoutent que Paris ne réduise sa participation dans le cadre d’un budget 2026 déjà marqué par une baisse de l’aide publique au développement.

« La France doit être au rendez-vous », plaide Khalil Elouardighi, directeur France de l’ONG One, rappelant l’« énorme succès » de la conférence de Lyon en 2019, où 14 milliards de dollars avaient été mobilisés grâce à l’implication du président Emmanuel Macron.

« Aujourd’hui, plus de 20 millions de personnes dépendent chaque jour de leur traitement contre le VIH. Sans ces médicaments, elles meurent », insiste-t-il.

Un objectif de 18 milliards, jugé insuffisant par les ONG

Le Fonds mondial espère lever 18 milliards de dollars d’ici à 2027 pour poursuivre ses programmes dans plus de 100 pays.
Mais les ONG estiment que ce montant ne suffira pas : selon leurs calculs, 40 milliards de dollars seraient nécessaires pour couvrir l’ensemble des besoins mondiaux en matière de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme.

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