11-Novembre : Emmanuel Macron rend hommage aux « Malgré-Nous », incorporés de force dans l’armée allemande

À l’occasion des commémorations du 11-Novembre, le président Emmanuel Macron a présidé ce mardi la cérémonie marquant le 107ᵉ anniversaire de l’Armistice de 1918, sur les Champs-Élysées et à l’Arc de Triomphe. En plus de rendre hommage aux soldats morts pour la France, le chef de l’État a honoré la mémoire des Alsaciens et Mosellans enrôlés de force dans l’armée allemande durant la Seconde Guerre mondiale, les « Malgré-Nous ».

Ce geste symbolique s’inscrit dans la continuité du discours prononcé par Emmanuel Macron lors du 80ᵉ anniversaire de la libération de Strasbourg, où il avait qualifié le sort de ces hommes de « crime de guerre » qu’il faut « reconnaître » et « enseigner ».

Une mémoire longtemps taboue

Après l’annexion de l’Alsace et de la Moselle par l’Allemagne nazie, les jeunes conscrits de ces territoires furent contraints de combattre sous l’uniforme du IIIᵉ Reich. Environ 130 000 Alsaciens et Mosellans furent ainsi incorporés de force — dans l’armée de terre, la marine, l’armée de l’air, mais aussi dans la Waffen-SS.
Quelque 40 000 d’entre eux ne sont jamais revenus : environ 30 000 sont morts au combat ou en captivité, et entre 10 000 et 12 000 demeurent portés disparus.

Longtemps accusés à tort de trahison à la Libération, les « Malgré-Nous » ont vu leur histoire reléguée au silence. « Le terme apparaît après la Seconde Guerre mondiale, mais il plonge ses racines dans la Première, où des soldats alsaciens et mosellans combattaient déjà dans l’armée impériale allemande », rappelle l’historien Geoffrey Koenig, interrogé par RFI. Ces troupes, jugées peu fiables par l’armée allemande, furent souvent soupçonnées de désertion.

Reconnaissance nationale

Après des décennies de débat et de douleur, les incorporés de force sont aujourd’hui officiellement reconnus comme des victimes de la Nation française. La plaque dévoilée ce 11 novembre au pied de l’Arc de Triomphe marque une étape supplémentaire dans la reconnaissance de leur destin tragique et de la complexité de l’histoire franco-allemande en Alsace-Moselle.

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